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La face cachée de l’addiction à l’alcool — Addiction, silence et dégâts invisibles.

  • Photo du rédacteur: Nadia ROUILLER-MONAY
    Nadia ROUILLER-MONAY
  • 29 nov. 2025
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 11 déc. 2025


"Ce n'est jamais qu'un verre" Vidéo réalisée par Plantes Oz'Âmes à des fins de prévention.

Alcool, éthanol, malnutrition, carences la liste est longue…La destruction silencieuse des addictions dans le cercle familial et leurs impactes nous est connus depuis longtemps, malgré que leurs sujets restent taboo autant pour les personnes atteintes de cette pathologie que pour l’entourage proche. Système nerveux, métabolisme, malabsorption et dénutrition, tout y passe sans que cela soit perceptible à nos yeux et surtout invisible pour celui qui est impacté par sa consommation chronique d’éthanol. Oui éthanol, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit.

 

L’hydratation illusoire et le carburant défaillant

En réalité, les effets et impactes sur notre métabolisme débutent bien avant que l’on par le d’alcoolisme. Pour vous la faire courte, imaginez que vous remplissez le réservoir de votre voiture d’ethanol plutôt que d’essence et que vous tentez d’allumer le moteur sans carburant adéquat… Notre corps, constitué à plus de 70% d’eau, se voit hydraté, enfin… pseudo-hydraté et disons le franchement, déshydraté par de l’éthanol. Alors qu’il a lui-même besoin d’eau pour transporter tous les nutriments nécessaire à toute cette machine métabolique extraordinaire, c’est comme de lui retirer le carburant dont il a besoin pour fonctionner, telle une voiture.

 

La mécanique du corps humain expliquée comme un moteur — Le démarreur : dents, bouche, œsophage

Mais cette voiture, comment ça fonctionne en fait ?Tout commence au niveau des dents, de la bouche et de l’œsophage : c’est le démarreur. Les dents découpent, la salive commence à digérer, l’œsophage propulse. Sans un bon démarrage, rien ne suit correctement — comme une voiture qui peine à s’allumer si le démarreur accroche.

 

La chambre de préchauffage : l’estomac

Puis arrive l’estomac, notre chambre de préchauffage. Il brasse, chauffe, mélange et transforme le bol alimentaire en un “carburant” plus fluide : le chyme. C’est comme si la voiture mettait son carburant sous pression, à bonne température, pour qu’il puisse ensuite circuler sans encombre.

 

Le mélange air/essence : le duodénum

Ensuite, dans le duodénum, se fait un travail essentiel : le mélange. La bile, les enzymes pancréatiques et le chyme s’unissent pour former un carburant parfaitement calibré — exactement comme le mélange air/essence indispensable à une combustion propre dans le moteur. Si ce mélange est mauvais, la digestion devient inefficace et l’énergie ne peut être assimilée.

 

Les injecteurs : l’intestin grêle

Vient alors l’intestin grêle, véritable système d’injection directe.

Ses villosités et microvillosités sont les injecteurs : elles font passer, goutte à goutte, les nutriments, vitamines et minéraux dans le sang. C’est l’étape d’absorption, celle où le carburant atteint enfin le moteur.


Les bougies d’allumage : les vitamines du groupe B

Et le moteur, ce sont nos différentes cellules, alimentées grâce aux vitamines du groupe B — thiamine (B1), riboflavine (B2), niacine (B3), acide pantothénique (B5), pyridoxine (B6), biotine (B7/B8), folate (B9), cobalamine (B12) — les “bougies d’allumage” du métabolisme : sans elles, impossible de produire de l’énergie.

 

L’échappement : le côlon

Enfin, le côlon joue le rôle du système d’échappement : il récupère l’eau, compresse les déchets et élimine ce qui doit sortir. Comme l’échappement d’une voiture, c’est lui qui permet au système de rester propre et opérationnel.

 

Quand l’alcool sabote toute cette mécanique — L’alcool perturbe le démarrage

Il irrite la bouche, diminue la salive et perturbe le démarreur.

 

L’alcool dérègle le préchauffage

Il enflamme l’estomac et dérègle la phase de préchauffage.

 

L’alcool surcharge le foie et bloque l’activation des vitamines B

Il sature le foie — notre alternateur et centre de contrôle — qui n’a plus le temps d’activer correctement les vitamines du groupe B (thiamine B1, riboflavine B2, pyridoxine B6, folate B9, cobalamine B12) qui y sont stockées normalement et en surchauffe, il ne peut produire suffisamment de bile pour y est stocké dans la vésicule. Les fonctions organiques foie, vésicule biliaire et pancréas sont alors restreintes.Cela vient perturber l’efficacité du carburant parfaitement calibré en temps normal au niveau du duodénum et le carburant nécessaire à votre moteur est moindre ou de mauvaise qualité pour l’assimilation et la digestion des nutriments, vitamines et oligo-éléments.

 

L’alcool abîme les injecteurs : l’intestin grêle

Et surtout :L’alcool abîme les injecteurs de l’intestin grêle.Les villosités intestinales se modifient, les transporteurs des vitamines du groupe B — thiamine (B1), riboflavine (B2), niacine (B3), pyridoxine (B6), folate (B9), cobalamine (B12) — ne peuvent plus faire leur travail, la muqueuse devient hyperperméable. Même avec une alimentation parfaite, ce qui est peu probable en cas de consommation régulière voire chronique d’alcool, le carburant n’arrive plus au moteur.

 

Le côlon se retrouve encrassé

Le côlon, lui, se retrouve encrassé par une fermentation excessive qui viendra donner à du carburant aux bactéries pathogènes, comme un échappement bouché qui fume d’une couleur bien sombre...

 

Résultat : la panne métabolique totale

Le moteur cale, peine à démarrer jusqu’à ne plus démarrer un jour ou l’autre, les vitamines du groupe B et les autres minéraux essentielles ne peuvent plus être absorbés, En conséquence, ce qui permet l’allumage, la combustion et la production d’énergie — ne passent plus.C’est toute la voiture qui perd en puissance.

 

Stop au « vroom-vroom » : allons voir ce qui se passe vraiment sous le capot.

Bon, maintenant qu’on a compris que notre système digestif ressemble plus à un moteur de Formule 1 qu’à un simple “tube”, il est temps d’ouvrir le capot pour de vrai. Car une voiture, même bien conçue, ne roule pas juste avec des métaphores. Elle roule avec… du carburant, des câbles, des bougies, des capteurs et tout un tas de petites pièces que personne ne voit mais dont tout dépend. Dans notre corps, ces petites pièces invisibles, ce sont entre autre les vitamines du groupe B — thiamine (B1), riboflavine (B2), niacine (B3), acide pantothénique (B5), pyridoxine (B6), biotine (B7/B8), folate (B9), cobalamine (B12). Elles ne font pas de bruit, ne clignotent pas comme un tableau de bord en panne, mais si elles manquent, tout commence à tousser, vibrer, caler — exactement comme une voiture qui aurait oublié ses bougies d’allumage. Alors laissons un instant la mécanique imagée et passons à la mécanique réelle. Comment ces vitamines B font tourner notre moteur biologique… et pourquoi la thiamine (B1) est la toute première à tirer la sonnette d’alarme quand quelque chose déraille.

 

Les cellules du tube digestif : les vraies ouvrières du système

Ce que vous devez savoir pour comprendre, c’est que notre système digestif, notamment notre « tractus gastro-intestinal » est constitué de plusieurs types de cellules. Celles qui constituent la majeure partie de la muqueuse intestinale sont les entérocytes. Ces cellules sont directement impliquées dans l’absorption des ions, de l’eau, des nutriments et autres mais surtout des vitamines. Ce sont particulièrement ces petites cellules qui transportent les molécules absorbées. L’éthanol qui lui vient impacter et moduler la muqueuse intestinale, empêche l’activité de ces cellules qui sont nécessaires à l’absorption des vitamines.

 

Le transport paracellulaire et la muqueuse qui se dégrade

D’autres molécules quant à elles se déplaces dans la lumière intestinale puis à travers des jonctions étroites entre les cellules épithéliales de la paroi du tube digestif pour entrer ensuite dans l’espace extracellulaire. C’est ce que l’on appelle le transport paracellulaire et celui-ci joue un rôle mineur dans l’absorption du glucose par exemple. Cette voie est également responsable d’une grande partie de l’absorption des nutriments. Alors imaginez une muqueuse défaillante et hyperperméable. Les plus grosses molécules qui normalement devraient être évacuée dans les selles se retrouvent là où il ne faudrait pas. Les processus des troubles métaboliques divers s’enchaînent progressivement.

 

Les cellules oxyntiques de l’estomac et les vitamines B

Si on remonte un peu plus haut au niveau de l’estomac, on retrouve également les cellules oxyntiques, qui elles sont responsables de la sécrétion d’acide chlorhydrique permettant de décomposer les aliments, activer les enzymes et maintenir le pH bas de l’estomac pour la protection antimicrobienne. Mais ces cellules ont un autre rôle. Elles sécrètent également un facteur intrinsèque, nécessaire à l’absorption de la vitamine cobalamine (B12) dans l’iléon « terminal », soit la partie inférieur de notre intestin grêle alors que d’autres vitamines du groupe B — thiamine (B1), riboflavine (B2), niacine (B3), biotine (B7/B8), folate (B9) — et oligo-éléments sont eux absorbés par les cellules jéjunales, soit la partie supérieure de votre intestin grêle.

 

En résumé — refermons le capot pour mieux visualiser

L’estomac est le premier site d’absorption des substances « chimiques » liposolubles telles que l’alcool et l’aspirine. Votre intestin grêle se divise en trois partie :

Le duodénum qui absorbe la majeure partie du fer, calcium, phosphore, magnésium, cuivre, sélénium, thiamine (B1), riboflavine (B2), niacine (B3), biotine (B7/B8), folate (B9) et des vitamines liposolubles A, D, E et K.

 

Le Jéjunum lui possède ce que l’on appelle les lactéaux – les vaisseaux lymphatiques jéjunaux – qui favorisent l’absorption des lipides qui seront devenus glycérol et acides gras libres dans ce segment. Certains acides aminés sont quant à eux absorbés également dans le jéjunum et pénètrent dans la circulation sanguine par les vaisseaux capillaires.

 

L’iléon, qui lui arrive en fin de course, absorbera les sels biliaires et acides dont l’acide ascorbique ainsi que le folate (B9), la cobalamine (B12), la vitamine D, la vitamine K et le magnésium.

 

Quant à notre ami côlon, sa fonction est d’absorber l’eau, de former des selles et d’éliminer les excréments.

 

 

Le prix invisible de l’alcool : un moteur qui lâche.

En fin de compte, l’alcool ne se contente pas de troubler l’esprit ou de fatiguer le foie : il dérègle silencieusement toute la mécanique qui fait fonctionner le corps. Il perturbe le démarreur, enflamme la chambre de préchauffage, abîme les injecteurs et surcharge l’alternateur. Il empêche surtout l’absorption des vitamines du groupe B — ces véritables bougies d’allumage du métabolisme — jusqu’à éteindre peu à peu le moteur interne. Quand les entérocytes ne fonctionnent plus, quand la muqueuse devient perméable, quand la thiamine (B1), la riboflavine (B2), la niacine (B3), le folate (B9) ou la cobalamine (B12) ne passent plus, ce n’est pas seulement l’énergie qui chute : c’est tout l’organisme qui perd sa puissance, sa précision, son rythme. Comprendre cette mécanique, c’est déjà reprendre le contrôle du véhicule le plus précieux que nous possédons : notre propre corps.

 
 
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