Alimentation et plantes pour soutenir l'équilibre de l'enfant... Et si nous devenions acteurs de leur santé ?
- Nadia ROUILLER-MONAY
- 11 déc. 2025
- 9 min de lecture
Apaiser le système nerveux et soutenir l’équilibre émotionnel grâce à des solutions accessibles sont des bases essentielles que la médecine traditionnelle peut parfois sembler mettre de côté lorsque la médication est abordée comme premier moyen thérapeutique. Heureusement, de nombreux professionnels de santé adoptent aujourd’hui une approche ouverte et respectueuse du rythme de l’enfant. La nature, la médecine, la patience et l’écoute peuvent s’unir de manière beaucoup plus harmonieuse qu’on ne l’imagine. Si l’on accepte d’être les exemples de nos enfants, nous devenons acteurs de leur bien-être et favorisons une santé optimale dans une période où agents conservateurs, sucre et produits transformés sont omniprésents.
Dans cet article, j’espère vous apporter un peu de nature dans votre quotidien et, quelques conseils pour intégrer des aliments sains dans l’assiette de vos enfants et adolescents, tout en associant la phytothérapie dans leur alimentation. Il est essentiel de se rappeler que toutes les approches se complètent et qu’aucune ne devrait se suffire à elle-même, bien heureusement pour nous.
Et si nous parlions un peu phyto ?
Tiré du grec, le mot « phytos » signifie plante. La phytothérapie permet d’utiliser la plante par ses différentes parties – racines, feuilles, fleurs, bourgeons ou encore entière – et sous différentes formes, appelées « galéniques ».
On parle de thérapie lorsque la même plante, ou un mélange de plantes, est utilisée de façon quotidienne, à un dosage précis et sur une durée déterminée dans le but d’accompagner un traitement allopathique ou à visé thérapeutique. Le principe formulé par Hippocrate — « Que ton aliment soit ton médicament » — rappelle que les plantes, utilisées à bon escient, peuvent devenir thérapeutiques dans l’alimentation même, si le conseil est adéquat et sécurisé.
Et les hydrolats, c’est quoi ?
Si peu de ces « eaux florales » sont connues pour leur propriétés médicinales alternatives, les hydrolats proviennent de la fabrication des huiles essentielles. (5) L’eau extraite lors de la distillation de la plante est conservée pour ses effets thérapeutiques grâce aux nombreux principes actifs similaires aux huiles essentielles mais nettement inférieur dans leur puissance.
Certains aromathérapeutes aiment appeler l’hydrolat le « petit frère » des huiles essentielles. Si l’on parle d’une faible quantité de molécules aromatiques actives, les hydrolats offrent une action douce, particulièrement adaptée aux enfants, voire aux nourrissons, ce qui les rend accessibles plus facilement.
Les hydrolats et leurs propriétés ne sont toutefois pas tous identiques ni adaptés à chaque âge. Ils contiennent des principes actifs biochimiques résiduels mais bien présents, ce qui nécessitent prudence et connaissances malgré tout.
Les conseils trouvés sur internet ne sont pas toujours adaptés aux enfants, ni compatibles avec leurs traitements en cours. Il est donc essentiel d’être conseillé par un professionnel formé à l’aromathérapie ou la phytothérapie.
Entre un parfum rassurant, mémorisé par notre système limbique, capable d’apaiser nos émotions, une odeur de cannelle équilibrant nos espaces. Une touche de rose dans notre verre d’eau pendant le repas ou notre tisane, les hydrolats permettent de détendre l’esprit, apaiser les peurs ou encore soutenir l’endormissement comme celui de la fleur d'oranger.
Certains d’entre eux issus des plantes telles que la camomille noble, peuvent aussi soulager les inconforts digestifs, les tensions digestives émotionnelles ou les poussées dentaires de nos chers bambins. Les usages sécurisés et les propriétés des hydrolats ont été largement détaillés par Lydia Bosson dans Guérir avec l’aromathérapie (1) et Alexandre Bosson dans Huiles essentielles et hydrolats au quotidien (1).
Infections gynécologiques, rhinites, infections oculaires ou encore buccales, gastro-entérites et j’en passe peuvent être accompagnés par l’hydrolathérapie via les voies internes, cutanées. En olfaction dans un petit spray magique anti-cauchemar pour les plus petits, l’hydrolat de fleurs d’oranger sur l’oreiller avant le dodo, avec un petit rituel autour de la protection des jolies rêves pourra faire des miracles pour rassurer vos enfants.
Et nous, parents, finalement, qu’attendons-nous de nos enfants ?
Aujourd’hui, les exigences sociétales imposées à nos enfants sont immenses. On répète souvent : « Il n’y a pas de mode d’emploi lorsqu’ils naissent pour les éduquer ». Pourtant, il serait parfois plus juste de dire que ce sont eux qui n’ont pas le mode d’emploi pour vivre dans ce monde. Dès leur naissance,. leur système nerveux doit analyser un flot d’informations considérable et cela continue par les stimulations visuelles actuelles depuis la petite enfance à l’adolescence. Et nous ne parlons même pas des réseaux sociaux et autres médias disponibles dès le plus jeune âge. Nous leur demandons parfois d’exprimer leurs émotions avec des mots d’adulte sans prendre conscience que trop souvent, pour eux, c’est juste TROP.
Lors de la rentrée à l’école, l’enfant comprend partiellement ses émotions, mais peine encore à mettre des mots sur ce qu’il ressent, tout en portant sur ses épaules les exigences intellectuelles et émotionnelles transmises par son environnement, donc nous parents ou encore enseignants.
Nous pourrions parfois remplacer nos inquiétudes parentales ou scolaires pour le corps enseignant par davantage de douceur — comme un hydrolat de cassis, angélique ou de bergamote — à boire quelques semaines avant le début de la rentrée afin de guider nos enfants sans surcharger leur monde intérieur de nos propres attentes et doutes.
Nous sommes leurs premiers exemples, leur premier repaire : à nous de les guider sans les surcharger de nos désirs et de nos propres expériences passées des années scolaires. Les schémas familiaux et personnels sont parfois encore trop présents.
Et puis, si le premier exemple commençait dans l’assiette dès le plus jeune âge ?
L’alimentation est la base de beaucoup de chose et de troubles actuels, autant chez l’adulte que chez l’adolescent et l’enfant en bas âge. Nous avons tendance à oublier qu’elle nourrit le corps, soutient l’équilibre physiologique et influence fortement l’attention, l’humeur et la stabilité émotionnelle (3).
Une assiette équilibrée repose sur un principe simple, sans prise de tête et qui permet de visualiser son assiette comme une photo à reconstruire chaque jour :
1/2 part de l’assiette de légumes de saison : fibres, vitamines, polyphénols antioxydants,
1/4 de part d’assiette de féculents ou légumineuses : énergie stable,
1/4 de part d’assiette de protéines (animales ou végétales) : indispensables aux neurotransmetteurs, à la croissance musculaire et physiologique ainsi qu’à la stabilité émotionnelle. On favorise une source de protéine animale pour une meilleure digestion. Un repas contenant des œufs, un steak de bœuf et un dessert fromage risquera d’alourdir votre système digestif et celui de vos enfants.
Une deuxième assiette est possible mais il sera essentiel de procéder de la même façon. On « reconstruit » son assiette avec les même portions mais en plus petites quantités.
Si vous vous resservez uniquement de féculents et de protéines, l’équilibre initial devient un déséquilibre au niveau des fibres et vitamines. Le principe d’équilibre est de reprendre toujours un peu de tout.
C’est ce que l’on oublie et c’est le problème que nous rencontrons en cabinet lorsque l’on parle de l’équilibre de l’assiette pendant l’accompagnement.

Au goûter, les fruits et les aliments riches en protéines végétales, fibres et surtout riches en Tryptophane pour une meilleure régulation du cycle veille sommeil, viennent compléter l’équilibre des repas principaux. Tofu soyeux, avocat, banane, chocolat noir (80%), riz ou céréales complètes en sont des sources accessibles et parfaites pour équilibrer les petits encas en fin de journée.
Cet équilibre répété chaque jour transmet un message silencieux : prendre soin de soi commence par l’essentiel.
Stimulations sensorielles ou visuelles ?
Le terme « sensoriel » rappelle l’importance de pouvoir offrir à notre cerveau la sensation de notre corps. Êtes-vous certains de pouvoir ressentir votre satiété adéquatement lorsque vous regardez votre téléphone portable, votre ordinateur ou votre téléviseur ? Cela reviendrait à surestimer les capacités de nos neurones, qui peines à capter les informations physiologiques dans notre corps au moment de la digestion, trop occupés à analyser le flux d’informations visuelles conséquent face aux écrans.
Il y a une corrélation pertinente avec le terme « digital » qui sonne comme la plante Digitale (Digitalis purpurea). Cette plante se trouve être particulièrement toxique par ses actions sur le système cardiovasculaire. Rapprochement ou non, cela apporte un certain lien énergétique entre la digitalisation omniprésente dans nos habitudes de vie et les troubles anxieux que cela engendre au fil du temps au sein de notre société.

Manger en pleine conscience devient alors la base fondamentale d’une alimentation saine et équilibrée. Partir à la découverte des saveurs et des ressentis corporels pendant que nous mangeons nous permet d’assimiler, digérer et surtout vivre pleinement ces instants conviviaux. Cette habitude est cruciale dès la petite enfance pour favoriser une bonne digestion et percevoir la satiété dès le plus jeune âge. Cet apprentissage permettra de limiter les mauvaises habitudes en grandissant et peut avoir un impact sur la régulation du rapport Emotion/Nutrition à l’adolescence et à l’âge adulte.
Et si vous êtes seul pendant votre repas, une musique douce, une bougie et de belles couleurs dans votre assiette devrait vous permettre de vous offrir un instant pour vous. Ces moments sont précieux mais malheureusement mis de côté de nos jours par la surstimulation anxiogène à laquelle nous devons faire face tous les jours.
Apporter de la stabilité, c’est aussi commencer par réduire le sucre et manger à bonne température.
A l’heure ou l’explosion des diagnostics TDAH – TSA – DYS et j’en passe traversent le continent européen, il est temps de s’interroger sur notre façon de nous alimenter et notre participation au boom marketing dont nos enfants et adolescents sont les cibles principales.
Nous avons tous dû batailler au supermarché au moment de passer en caisse, avec nos enfants qui s’accrochaient tant bien que mal aux paquets de bonbons placés (exprès) juste devant leurs yeux.
Caprices et hurlements s’en suivaient jusqu’à en perdre patience. Ne pas céder parce que le regard des autres clients devenait pesant pour nous, parents, victimes des stratégies marketing - un challenge que nous avons tous vécu à un moment ou un autre !
Quoi que, nos enfants ne seraient-ils pas les premières victimes et nous les dommages collatéraux sur le moment ? C’est une question qui m’interpelle, et vous ?
Equilibrer l’alimentation, c’est stabiliser la glycémie en premier lieu.
Les sucres rapides provoquent des hausses brutales du glucose sanguin suivies de chutes rapides. Ces variations, appelées hypoglycémies réactionnelles ou post-prandiales, sont associées à irritabilité, agitation, baisse de concentration et fluctuations émotionnelles, particulièrement chez les enfants et adolescents.
Pendant le repas, le corps mobilise une grande quantité d’énergie pour activer les enzymes digestives, soutenir les fonctions hépato-biliaires le travail du pancréas, le péristaltisme et j’en passe. Les boissons froides refroidissent l’estomac et ralentissent l’action des enzymes digestives. L’organisme doit alors dépenser davantage d’énergie pour réchauffer l’ensemble afin de poursuivre la digestion.
Lorsque ces boissons sont, en plus, sucrées, elles surchargent simultanément le pancréas — obligé de sécréter davantage d’insuline — et le foie, qui doit métaboliser rapidement l’excès de glucose.
Pour un enfant ou un adolescent dont le système digestif est encore en maturation, et même pour nous adultes, cette double charge (froid + sucre) peut entraîner inconfort digestif, variations glycémiques, irritabilité, agitation et fatigue.
En privilégiant des boissons tièdes ou tempérées, on soutient la digestion et on favorise une meilleure disponibilité de l’énergie pour l’attention et la régulation émotionnelle. C’est aussi un moment idéal pour intégrer des hydrolats ou des tisanes à température ambiante. La camomille romaine ou le romarin soutiennent la digestion ; la fleur d’oranger ou la rose apportent un goût sécurisant et réconfortant ou encore le lemongrass en hydrolat également.
Je sais, vous voulez faire des efforts et vous aidez déjà vos enfants du mieux que vous pouvez. Parfois, on se sent complètement démuni en tant que parent et cela, l’industrie l'a bien compris... Elle utilise encore trop de noms différents qui qualifie les sucres de façon visuelles trompeuses, et il y a trop de sucre que l’on ne reconnaît pas forcément ou dont le dosage est difficilement perceptible.
Alors les voici, avec comme exemple, le paquet de céréales industrielles de type Granola que l’on estimera sur le moment, être une bonne source de fibres pour nos bambins et parfois même, pratique d’utilisation dans les moments de stress le matin.
Lorsque vous lisez l’étiquette d’un produit industrielle, rappelez-vous de cette règle d’or : le premier ingrédient noté est le plus présent dans l’aliment. Les industriels ont l’obligation de noter les ingrédients par leur taux de présence décroissante, dans tous les cas pour les pays européens. Si vous apercevez l'un de ces sucres en haut de la liste... Pas la peine de penser qu'il viendra équilibrer l'assiette des membres de votre famille.

Et si nous construisions ensemble le terrain de demain ?
La santé de l’enfant se construit au quotidien, bien avant qu’apparaissent les troubles digestifs, les difficultés scolaires ou l’instabilité émotionnelle. En travaillant sur le terrain — alimentation, digestion, gestion du sucre, qualité des repas, hydrolats, rituels apaisants — nous renforçons une base qui soutient tous les systèmes physiologiques. La prévention est le plus puissant des outils. En donnant à nos enfants une alimentation vivante, une digestion soutenue et un environnement sensoriel apaisé, nous agissons là où tout commence : dans la simplicité du quotidien.
Prenez soin de vous et de vos enfants, ils sont importants, et vous aussi !
RÉFÉRENCES
Lydia BOSSON. « Guérir avec l’aromathérapie » - Éditions Amyris.
Alexandre BOSSON « Les huiles essentielles et les hydrolats au quotidien »
Casey, B.J., Jones, R.M., & Hare, T.A.The adolescent brain: new insights and clinical implications.Annals of the New York Academy of Sciences, 2009.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19540412/
Gómez-Pinilla, F.Brain foods: the effects of nutrients on brain function.Nature Reviews Neuroscience, 2008.https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2805706/
Justine MARIE & Marie LOMBARD « Moins de sucre pour mon enfant »
Usha Veda – Ecole professionnelle de médecines naturelles / Morges, Suisse
« La phytothérapie et les hydrolats » - Lydia et Alexandre Bosson
Ressources de professionnels en médecine alternative destinées aux clients/patients

